10 février 2006

La liberté de la connerie

J’avais envie d’éviter le sujet comme tout le monde. Surtout que je viens à peine de respirer un peu d’une semaine beaucoup trop chargée au boulot. J’avais envie d’écrire un truc drôle, amusant... Mais l’actualité s’impose. En allumant ma télé ce matin et j’ai remarqué que le sujet des caricatures fait encore fureur.

Comment en sommes-nous arrivés là ? C’est la question que je me pose. Ces caricatures, je dois être l’un des premiers à les avoir vues en octobre dernier, par hasard sur un site Internet ou il y avait plein d’autres dessins anti-islam. Ma réaction était un simple mepris à l'égard de ces piètres dessinateurs en manque d'inspiration. Ce n’était même pas la première fois que je tombais sur ce type de provocation mais c’était bien la première fois que je voyais un tel nombre aborder un seul et même sujet : représenter le prophète en mettant en exergue l’image négative que donne l’islam de lui en occident. Quoi de plus basique pour provoquer un musulman ? Ce journal cherchait-il vraiment à tester les limites de la liberté de presse ou simplement à vendre plus de tirages en provoquant la polémique ? Pourquoi n’assume-t-il plus sa connerie alors en présentant des excuses?

Les journaux qui reproduisent ces dessins, comme Charlie hebdo avant hier, le font soi-disant pour défendre la liberté d’expression. Mais est-ce vraiment ça qui est en jeu en ce moment ? Combien d’écrits et de paroles ont fustigé l’islam de tous les sens ces derniers temps ? Jamais il n’y a eu de réactions aussi passionnées. Le vrai problème n’est pas le fait que ces dessins osent représenter le prophète alors que cela est interdit aux musulmans. Ce sont les messages véhiculés et le timing de ces publications qui rendent le dialogues bouillonnants. Dans le contexte actuel où les musulmans, de foie ou d’origine, se retrouvent dans la ligne de mire de toutes les accusations possibles, je ne vois aucun apport de cette double provocation à la culture et à la religion, si ce n’est d’attiser les tensions et de faire monter l’extrémisme.

Il est vrai que la liberté de presse est essentielle à la démocratie. Mais cette liberté ne dégage pas le journaliste de la responsabilité de ses actes. On est libre d’être cons mais encore faut-il assumer ses conneries. Charlie Hebdo assume jusqu’ici sa décision de participer à cette guerre satirique. Face à cette violence visuelle et verbale à l’égard d’une identité et non seulement d’une religion, on ne peut malheureusement avoir que de la violence de l’autre coté. Car la connerie engendre la connerie. Et plus on est con, plus on se braque sur ses positions. Face à ces extrémistes de la liberté d’expression, il y aura encore plus d’extrémistes fanatiques qui trouveront la cause de défendre cette religion par tous les moyens encore plus attrayants.

Ceux qui compare l'islam au christianisme et se ventent de la tolérance de celui-ci vis-à-vis de la critique, je leur conseil de relire l'histoire pour voir le prix payé pour obtenir la laicité en France et dans le monde occidental. Sur le plan social et culturel, les deux religions sont très différentes. Et si on veut que l'Islam se soigne de ses extrémismes ce n'est certainement pas pas la provocation gratuite. Il faut que les pays d'europe acceptent la différence comme eux même essaient de faire accepter aux autres leurs différences. Comment voulez vous convaincre un islamiste de respecter les valeurs occidentales radicalement oposés à ces principe si vous même ne respecter pas ses croiyance. On peut évidement critiquer mais dans le cadre du respect de l'autre.

J’aurais aimé que ces caricatures ne vivent pas plus que les quelques jours de leur première parution. Mais comment les plus radicaux auraient-ils pu laisser passer une telle occasion pour justifier leur haine envers cet occident? La haine face à la haine, la connerie face à la connerie, mais à chacun ces armes. Quelle tristesse !

28 janvier 2006

Les lions touchent le fond!


L'espoir était grand, la déception est à sa taille. Une équipe étouffée, stérile, incapable de s'exprimer. Un bien triste parcours qui finit par une humiliation face à la Libye. D'ailleurs je leur dis bravo aux libyens.

Visiblement il y a un truc qui cloche dans cette équipe. La fédération, les entraîneurs, les joueurs? Je ne sais pas. Mais ce que je sais c'est que ça fait un moment que ça dure. A part la chance qu'on a eue lors de la dernière CAN je ne vois pas de vrai exploit. Ce que je sais aussi c'est que pour changer les choses, à ce stade là, il ne suffit pas de changer d'entraîneur. Acceptons les démissions et essayons de renouveler le sang de cette équipe si on tient vraiment à son avenir. A bon entendant!

20 janvier 2006

CAN 2006: nos souffles suspendus.


Le foot. Plus qu'un sport, c'est pour nous, marocains, un univer de rêve éveillé, l'un des rares domaines où nous pouvons être fiers de notre classement mondial. Je pense souvent que nous avons beaucoup de chance d'avoir ces sportifs qui nous font oublier par le jeu la monotonie attristante de notre réalité sociopolitique. Un joueur comme Chemmakh aujourd'hui est certainement mille fois plus connu et apprécié qu'un ministre de la justice par exemple. Ces joueurs ont le pouvoir de nous rendre fiers et optimistes sans réel acheminement intellectuel. Justement, la raison n'a pas de place dans nos coeurs aux portes de cette CAN 2006.

Même si nous sommes dans le groupe de la mort avec l'organisateur et le favori, même si nous avons changé d'entraîneur deux fois en quelques semaines pour des raisons débiles, même si la frustration est encore très présente, j'ai envie d'y croire. Demain, nos coeurs seront au Caire.

Wellah yarebi lah yarebi lah yarebbi lah, wiyeh iyeh iyeh iyeh iyeh iyeh iyeh....

18 janvier 2006

Ma vérité sur le mensonge.

J’ai évidemment déjà menti, pour des raisons diverses. Pourtant, je considère la sincérité comme l’une de mes valeurs les plus précieuses. J’ai surtout menti étant adolescent. Des fois pour paraître conforme aux règles et aux mœurs. Des fois pour l’inverse. D’autres fois pour séduire tout simplement. Mais à un moment de ma recherche spirituelle, je me suis posé comme règle d’or de ne jamais plus mentir. De se contenter de ne pas répondre aux questions difficiles ou de contourner la vérité. Par exemple à la question de ma mère qui me demandait qui était la fille qui me tenait le bras dans la rue je répondais que c’était la grande sœur de Mourad qui a insisté pour que je l’accompagne pour ne pas rentrer toute seule. Je ne précisais pas que Mourad a cinq ans et que ce n’était pas mon camarade de classe auquel elle a sûrement pensé. C’était très amusant comme jeu. Contourner la morale par la ruse. Je pouvais même jurer que c’était la vérité. A force de pratiquer cette tactique j’ai finit par devenir un brin manipulateur. Mais cela me donnait au moins l’illusion de ne pas être un menteur. Je me considérais comme un saint devant d’autres vrais mythomanes comme un ami du lycée qui passait son temps à nous raconter ses aventures romantiques aussi incroyables qu’amusante. Dans chacune de ses histoires, le hasard faisait trop bien les choses pour lui arranger ses coups. Le pire c’est qu’il était convaincu que tout le monde le croyait. Je n’ai jamais essayé de le confronter à ses mensonges car je savais que ça ne servirait à rien. Mais c’était quand même mon meilleur ami. Pour moi c’était son manque de confiance en soit qui le poussait à faire travailler son imagination. Une façon d’exister parmi d’autre. Moi par exemple je n’arrêtais pas de faire des vannes pour être drôle. Chacun ses défauts.

Sur le chemin de la maturité, j’ai finit par comprendre que mentir c’est mentir quelle que soit la méthode. Ayant quitté la maison parentale j’avais de moins en moins besoin de mentir. Je me suis alors imposé une nouvelle règle morale : ne plus jamais mentir, en revanche essayer de garder mon jardin secret loin des discussions familiales. Ca n’a pas tenu plus de quelques mois. A un moment, il a bien fallu répondre à des questions pièges ou je n’avais pas le droit au joker. J’avais 18 ans, quand ce fut la première fois qu’une fille me demande si je l’aimais vraiment. L’adverbe était de trop. La question avait changé de forme, et par conséquent de sens, à l’age même ou on commence à se considérer comme adulte. Elle, la fille, avait un an de plus que moi. Ma réponse avait alors encore plus de sens pour elle. J’ai répondu oui tout de suite bien sûr, sans vraiment réfléchir. Sinon ça n’aurait pas été crédible et j’aurais pu la perdre. Sans aucune préalable préparation psychique à cette question. Celle ci a pu ébranler le principe que je venais à peine de construire. Si j’avais voulu être franc j’aurais répondu que je ne suis pas du tout sûr de ce que ça voulait dire aimer vraiment. Je tenais beaucoup à elle mais pas au point de mourir à l’idée de m’en séparer comme roméo. (Au passage, j’aimerais d’ailleurs conseiller aux filles qui lisent ces lignes, et aux mecs aussi d’ailleurs, de ne jamais poser cette question. Il y a des preuves d’amour qui ne trompent pas).
Bref, j’avais encore menti. Mais ce mensonge là, je l’ai classé parmi ces mensonges justifiés, nécessaires. Et après j’ai bien eu le temps de le regretter. Depuis, j’ai réussi à répondre différemment à cette question, avec des théories, que je ne vais pas détailler ici, mais auxquelles je croyais réellement. Par contre j’ai continué à mentir dans des circonstances atténuantes.

Je n’ai jamais réussi à définir une règle précise à part celle de le faire le moins possible. Je crois sincèrement que tout le monde est capable de mentir et tout le monde le fait. Celui qui vous dit qu’il ne ment jamais est le pire des menteurs. Ce sont les motivations du mensonge qui peuvent permettre de juger sa valeur morale et non pas le fait de mentir en lui-même. Par exemple, mentir à son patron pour couvrir un ami en difficulté ça peut être justifié. Par contre, un politicien qui ment à des millions de personnes pour assurer son propre intérêt est indéfendable.

04 janvier 2006

Le Marock qui démange

Synopsis:
Casablanca, l'année du bac. L'insouciance de la jeunesse dorée marocaine et tous ses excès : courses de voitures, amitiés, musique et alcool, mais aussi l'angoisse de passer à l'âge adulte. « Marock », comme un Maroc que l'on ne connaît pas, à l'image de celui de Rita, 17 ans, qui se heurte aux traditions de son pays. En vivant sa première histoire d'amour, elle va se confronter aux contradictions de son milieu, de sa famille et, surtout, à son grand frère pour qui l'avenir passe par un retour aux valeurs traditionnelles.


A l’origine de la polémique, une séquence: Rita, une Marocaine de 17 ans, fait l’amour avec un autre Marocain de confession juive portant la croix de David autour du cou. Tabou suprême!! Voilà qu'on traite le film de tout les noms: "Manœuvres de nouveaux lobbies de la coproduction, manipulation sioniste, acculturation, clichés", et qu'on met en doute la marocanité du film et de sa réalisatrice Leïla Marrakechi.
Après la polémique qu'a suscitée le film parmi les quelques spectateurs vedettes lors de diffusion au festival national du film à Tanger, c'est le Syndicat du théâtre marocain qui vient de lancer, à travers un communiqué paru «exclusivement» dans une publication liée au PJD, et par la voix de Hassan Al Joundi un appel pour le boycott du film. L'artiste respecté a aussi déclaré :«Quand je ne peux pas aller voir un produit artistique avec ma femme et mes enfants, cela veut dire qu'il n'est pas valable et constitue une atteinte à ma liberté», et d'autres âneries que vous pouvez retrouver dans cet article du "Matin". A la base je n'ai jamais apprécié l'arrogance de cet acteur ni ses oeuvres qui se situent dans des planètes lointaines par rapport à la réalité de la société. Mais là je pense que c'est pire qu'un simple décalage entre deux générations. C'est de l'intégrisme primaire. C'est de l'intolérance brute. C'est prendre les spectateurs marocains qui n'ont pas encore vu le film pour des moins que rien.

Ce qui démange ces gens dans ce film c'est qu'il touche au plus profonds des tabous ancrés par notre éducation: sexe et religion. L'Amour vient bien après ces considérations. Le fantasme du complot sioniste resurgit subitement pour justifier l'impensable. "Comment une réalisatrice marocaine pourrait-elle s'attaquer à des valeurs aussi fondamentales de notre société? Elle est forcément manipulée!". Bon nombre de nos plus illustres intellectuels et artistes vivent encore dans le passé et n'ont pas compris que le Maroc change, et que les jeunes n'ont plus envie de se voiler la face avec des comptes de fées bien rassurants et de vivre dans l'illusion du bonheur. Films, chansons, articles, blogs, dessins, blagues... Tous les moyens sont bons pour parler de ce Maroc qui dérange et qui démange.
Le film sortira le 15 février en France et au Maroc (pas encore sur). Pour ma part je vais aller le voir non seulement pour faire chier Al Joundi et ses amis, mais aussi pour voir une autre vision du Maroc. Ca me plaira ou pas...

03 janvier 2006

Driss Benzekri élu homme de l'année.

Président de l'Instance équité et réconciliation (IER), chargée depuis 2003 de faire la lumière sur les violations des droits de l'homme lors des années de plomb (1960-1999) au Maroc, Driss Benzekri a été désigné vendredi homme de l'année 2005 dans le royaume par Maroc-hebdo. Ancien militant d'extrême gauche, incarcéré pendant dix-sept ans sous le règne de Hassan II, il a su mener à bien, force et de le constater, et pour l'instant sans dommages collatéraux, un projet qui s'annonçait d'une extrême complexité. Certes, il restera encore beaucoup de choses à appliquer suite à son rapport remis au roi en novembre avant de crier victoire, mais il faut reconnaître que l'homme mérite amplement cette nomination.

Le roi justement vient en deuxième position à la surprise générale des hommes politiques qui se sentent tout d'un coup visés par ce sondage et jaloux de la notoriété de M. Benzekri. Les critiques gratuites de ce sondage n'ont pas tardés. André Azoulay a déclaré : "Le roi du Maroc est le garant des institutions et des libertés dans le pays et, par conséquent, il ne peut être en concurrence avec quiconque. Oublier cette donnée (...) constitue une négation du moindre bon sens politique". Saad Al-Alami, s'en est pris aux sondages: "Il y a au Maroc un besoin urgent d'une loi qui organise les sondages".
Est-ce encore le début des ennuis pour cet hebdomadaire jugé trop insolant? Affaire à suivre...

La stratégie de la moutonisation

Le but suprême de tout politicien est bien sûr de faire adhérer le maximum des concitoyens à ces idées. Mais les moyens diffèrent beaucoup d'un pays à un autre. Alors qu'en France Sarkozy essaie comme il peut d'utiliser les médias pour séduire et pour être présent en permanence comme les publicités de Danone, en Tunisie le pouvoir n'hésite pas à envoyer ses hommes matraquer des journalistes étrangers pour impressionner encore plus les locaux.
Quant au Maroc, Le pouvoir tâtonne encore pour trouver une méthode plus subtile que celle de nos amis les tunisiens et moins risquée que celle de Sarkozy. Après les poursuites judiciaires contre journalistes qui se sont multipliées en 2005, voilà que notre ministre de la justice veut créer une sorte de cellule chargée selon lui du "suivi des écrits diffusés par des journaux marocains dans le dessein de désespoir et découragement". Ce qu'il admet au passage c'est qu'il y a beaucoup de raisons de désespérer et son idée en est une en plus. Mais ce que veut faire Bouzoubaa n'est que la consécration et le retour de la stratégie de moutonisation que suivait le pouvoir marocain depuis des décennies; Occuper les gens pour qu'il n'ait pas le temps de réfléchir et de se rendre compte de la dure réalité qu'ils vivent. Combattre le désespoir par l'illusion et les faux espoirs. Porter l'espérance des marocains sur des perspectives de miracles genre l'organisation de la coupe du monde en 2012 ou les dix millions de touristes en 2010... Interdire tout message négatif pour ne pas reveiller les consciences. Camus n'avait-il pas raison en affirmant que la presse est la conscience d'une nation? Les années passent et nous sautons de désillusions à de nouveaux faux espoirs.

Le pouvoir marocain a peur. Le pouvoir a peur de la presse marocaine Alors que le taux de pénétration des journaux est des plus bas dans le monde. Le pouvoir a peur d'internet et censure plusieurs sites (essentiellement pro-polisario) alors que moins de 0.4% des familles disposent d'internet à domicile. Le pouvoir a peur des musiciens rebelles et s'attaque à une poignée de jeunes amateurs de hardrock inconnus pour intimider les autres. Le pouvoir a peur des islamistes. Le pouvoir a peur des marches de protestation même les plus pacifiques. Le pouvoir a peur de son passé et n'ose pas déterrer toutes ses victimes. Le pouvoir a peur des humoristes engagés tel que bziz... Bref le pouvoir a peur de la démocratie parce qu'il a peur des gens et de leur réaction. Il a peur de nous...

02 janvier 2006

BONNE ANNEE 2006


Je vous souhaite à toutes et à tous une très bonne année 2006!


Avec tous mes voeux de bonheur et de réussite.

20 décembre 2005

Malice au pays du désespoir

Des chômeurs qui tentent de s’immoler par le feu au beau milieu de Rabat, c’est la dernière chose que je pouvais imaginer. Qu’on en arrive là dans un pays qui se croit sur la piste d’un grand décollage économique et social, c’est qu’il y a un vrai problème de fond. Il n’y a pas longtemps j’ai entendu parler d’un journal marocain appelé "Al bidaoui" qui a publié un dossier sous le titre de "Yan3el din m'ha blad" qu’on peut traduire par "maudit soit ce putain de pays". Au-delà de la provocation gratuite il y a là un message qui a apparemment de l’écho chez les marocains. Combien de fois a-t-on entendu dire ça dans notre vie? Et puis quand on voit ce qui arrive à la presse indépendante en ce moment, on se dit que la liberté accordée aux médias marocains a sûrement déjà atteint ses limites.

Quelle est la solution miracle qui va nous sortir de ce trou noir du sous-développement. On compte sur la pluie, les touristes et les MRE pour alimenter les caisses de l’état pour reconstruire des infrastructures jetables et remplir encore les poches des plus riches. La moitié des sièges du parlement est constamment vide (sauf visite du roi évidemment), dans l’autre moitié des élus dont la plupart sont complètement ou à moitié endormis. Nos soldas bronzent depuis des années dans le Sahara pour le protéger d’une bande de bras cassés qui se réfugient dans des tentes, alors que notre état dépense des milliards. Nous vendons nos meilleures maisons et nos plus performantes entreprises à des étrangers pour qu’ils puissent s’enrichir et profiter de tout ce que nous n’avons pas pu exploiter. Les meilleurs diplômes partent à l’étranger et la majorité de ceux qui reviennent le font pour reprendre les intérêts de leurs parents qui ont déjà bien profiter du système. Et oui la richesse du Maroc, tout comme le trône, se transmet de père en fils. Les fassi pour les fassi, les chleuh pour les chleuh, les rbati pour les rbati et ainsi de suite. Et j’en passe… Que de bonnes raisons pour tomber dans le désespoir ! Et quand on n’arrive plus à croire en la société on devient individualiste ou au mieux communautaire. Au pire on en finit avec sa vie; J’aimerai bien qu’on nous communique un jour des chiffres sur le taux de suicide au Maroc. Je suis presque sûr que là aussi on est très bien classé. Ce que j’entends et lis comme nouvelles du Maroc ou des autres pays arabes ne peut que porter les plus optimistes à reconnaître que le futur de ces pays est de couleur terne. Toujours dans les derniers wagons de la modernité et dans les premiers wagons de la décadence.
Illustration du regretté dessinateur palestinien "Naji Al Ali"

A chaque fois qu’un petit rayon d’espoir apparaît, viennent des dizaines de têtes cornues pour l’éclipser. Alors je ne sais pas si on attend qu’elles mûrissent mais d’ici là, les bâtons seront toujours dans les roues. Khellaha Albert Camus :"L'habitude du désespoir est pire que le désespoir lui-même". Vu la situation actuelle, la masse populaire est soit résolue, soit en pleine ébullition. Personnellement je préfère croire à la deuxième possibilité. Si on laisse les gens parler ça réduira au moins la pression en attendant un vrai espoir.

03 novembre 2005

Soutenez nos détenus en Iraq!!




Nous demandant tous la libération immédiate et sans conditions de Abderrahim Boualem et Abdelkarim El Mouhafidi détenus en Iraq.

Pétition (merci à "Aujourd'hui le Maroc") :
http://www.aujourdhui.ma/?mod=petition

01 novembre 2005

Le Maroc tel quel.


S’il y a une revue ou un journal marocains dont je suis fier au Maroc c’est bien Telquel. Une vision du Maroc Pointue, drôle, cynique et surtout osée. Tout ça sans tomber dans la facilité et la provocation gratuite. Depuis quelques mois cet hebdomadaire et son rédacteur en chef sont devenus la cible d’un grand nombre d’attaques et de critiques. Tout ce qu’il y a de normal pour une presse indépendante qui dérange dans une société aussi conservatrice et bornée que la notre. Mais ce qui n’est pas normal et plutôt mauvais signe, c’est le traitement que la justice inflige à Telquel. Après le procès de l’affaire Assali, digne des plus drôles pièces de théâtre égyptiennes mais qui ne dura que quelques minutes, dans un second procès un peu plus justifié que le premier, Telquel se voit encore condamné à payer des amendes 10 fois supérieures au maximum jamais prononcé dans ce type d’affaire. Dans l’absence d’une réglementation qui protège la presse de ce genre d’acharnement Telquel n’a pas d’autres choix que de payer et risque la crise financière. Au lieu d’aider notre presse indépendante à se développer et encourager les initiatives sérieuses, le pouvoir essaie de mettre à genoux les opposants et de casser plus rebelles. La justice est-elle sous les ordres des politiques?

La liberté de la presse est le seul vrai indicateur de la démocratisation. Je commence à me demander si depuis cinq ans le Maroc a vraiment avancé ou est-ce juste un effet d’optique, un jeu d’illusionniste. Si on regarde tout ce qui s'est a réalisé depuis quelques années comme pas vers « la démocratie », on se rend compte que sans un engagement royal cyclique, rien n’aurait pu se faire. On dirait que les vraies réformes ne peuvent venir que du roi. Bien sur heureusement pour nous que le roi s’engage dans de tels sujets et avec détermination. Mais le vrai progrès ne peut émaner que de la société elle-même. Nous avons depuis des décennies les mêmes dirigeants politiques qui nous martèlent les mêmes slogans. Comment voulez-vous que nous puissions évoluer. Même les plus jeunes d’entre eux ne font que mimer leurs anciens avec un enrobage sucré de modernité. Pas de vraie transformation. Tout ce qui est radical émane du roi. C’est pour cela qu’on nous avance sans cesse cet argument qui tue : « Les Marocains ne sont pas encore prêt pour la démocratie ». Mais j’aimerais bien savoir de quels marocains on parle ? Est-ce que le fait de ne pas savoir lire empêche de comprendre ses droits et devoir envers la société ? Dois-on forcement parler en arabe classique pour s’adresser à la population ? C'est avec une presse libre qu'on peut éduquer et sensibiliser la population. Le plus grave pour moi c’est que nos dirigeants nous prennent tous pour des cons. Et nous laissons faire…

Pétition de soutien à Telquel: www.soutientelquel.com